Le malus reste l'un des postes les plus imprévisibles d'un achat automobile, parce que deux taxes se cumulent désormais : le malus CO2, assis sur les émissions au kilomètre, et le malus masse, assis sur le poids du véhicule. Les deux barèmes ont été durcis pour 2026, et le total peut transformer le budget d'un véhicule thermique de façon spectaculaire. Les véhicules électriques et à hydrogène, eux, restent totalement exonérés.
Le barème CO2 2026 : la taxe démarre à 108 grammes
Pour un véhicule de tourisme réceptionné selon les normes européennes, le malus CO2 se lit sur la valeur WLTP indiquée à la rubrique V7 du certificat d'immatriculation. En 2026, la taxe commence à 108 grammes de CO2 par kilomètre, pour un montant de 50 euros. Elle progresse ensuite de façon continue : 118 grammes correspondent à 260 euros, 126 grammes à 650 euros, 140 grammes à 2 205 euros, 160 grammes à 8 770 euros et 180 grammes à 45 990 euros.
La progression s'accélère fortement au-delà : 190 grammes correspondent à 76 800 euros, et le plafond de 80 000 euros est atteint dès 192 grammes. Cette limite haute sert également de plafond global : le cumul du malus CO2 et du malus masse ne peut jamais dépasser 80 000 euros pour un même véhicule. Le détail du barème complet figure sur la fiche officielle de la taxe sur les émissions de CO2 .
Le barème masse 2026 : la taxe démarre à 1 500 kilogrammes
La taxe sur la masse en ordre de marche s'applique en complément. Elle ne concerne pas les véhicules électriques, ni ceux qui roulent exclusivement à l'hydrogène, et son barème 2026 commence à 1 500 kilogrammes : jusqu'à 1 499 kilogrammes, le montant est nul.
Au-delà, le tarif est marginal, par fraction de masse. Chaque kilogramme compris entre 1 500 et 1 699 kilogrammes coûte 10 euros, chaque kilogramme entre 1 700 et 1 799 coûte 15 euros, entre 1 800 et 1 899 il coûte 20 euros, entre 1 900 et 1 999 il coûte 25 euros, et à partir de 2 000 kilogrammes il coûte 30 euros. L'exemple officiel d'une voiture neuve de 1 950 kilogrammes immatriculée en mars 2026 donne une taxe de 6 775 euros, qui s'ajoute au malus CO2 du même véhicule.
Comment lire les deux barèmes sur un bon de commande
La masse à prendre en compte est la masse en ordre de marche, celle qui figure à la case G du certificat d'immatriculation. Elle inclut le conducteur, les consommables et les réservoirs remplis, ce qui la rend légèrement supérieure à la masse à vide communiquée par les constructeurs. Un écart de quelques dizaines de kilogrammes peut donc faire franchir un palier.
Pour estimer le total, la méthode est la suivante : relever la valeur WLTP du véhicule sur la fiche technique officielle, lire le montant correspondant dans le barème 2026, relever la masse en ordre de marche, appliquer le tarif marginal par fraction, additionner les deux montants, puis vérifier que le cumul ne dépasse pas le plafond de 80 000 euros.
Les réductions et les cas particuliers
Plusieurs situations réduisent ou effacent le malus. Les familles nombreuses bénéficient d'une réduction sur le malus CO2, à raison d'une minoration du taux d'émission retenu. Les véhicules transformés, notamment ceux qui reçoivent une motorisation électrique après coup, suivent des règles propres. Et certains véhicules destinés à des usages particuliers, comme les véhicules accessibles en fauteuil roulant, sont exonérés sous conditions.
Le cas des véhicules importés et des occasions récentes
Le malus s'applique à la première immatriculation en France, ce qui vise aussi les véhicules importés d'un autre pays de l'Union européenne : le barème en vigueur à la date de cette première immatriculation française s'applique, avec des réductions possibles selon l'âge du véhicule. Pour un véhicule d'occasion déjà immatriculé en France, le malus a déjà été payé par le premier propriétaire et ne se repaie pas à la revente. Vérifier la date de première immatriculation et l'éventuelle décote d'ancienneté évite les surprises sur un véhicule importé récent.
Un simulateur officiel permet de calculer le montant de la taxe à partir de la masse et des émissions du véhicule. Pour un achat prévu dans les prochains mois, la vérification la plus rentable consiste à demander au vendeur le montant exact du malus avant signature, puis à le contrôler soi-même sur le simulateur : c'est une ligne du bon de commande que l'on peut vérifier en quelques minutes, et dont l'erreur se chiffre en centaines d'euros.
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